Volley-ball

Une double dose de mâles alpha vaut mieux qu’une

La balle au bond (Tome 1)

Bien que sortant d’une relation abusive avec une ordure d’alpha, David Underwood pose son regard sur deux superbes membres d’une équipe australienne de volley-ball et se fait à nouveau harceler sur la plage de Laguna Beach. Pourtant, lorsque le délicieux Gareth Marshall lui prouve son intérêt en faisant son coming out devant ses collègues, David succombe à ses charmes. Néanmoins, Edge, le partenaire de jeu de Gareth et son égal en matière de sex-appeal, rend la vie dure aux deux amants.

Gareth, qui a passé sa vie à cacher son orientation et son attirance à ses proches ainsi qu’à son meilleur ami, le fameux Edge, s’en trouve d’autant plus blessé et frustré. David est le premier homme, en dehors de Edge, à s’attirer ses faveurs. Mais Edge aussi possède ses propres secrets, et l’ex de David compte revenir à l’assaut. Quand tout semble se liguer contre lui, un homme gay à Laguna peut-il encore trouver le bonheur avec un beau mâle… ou deux ?

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Publié le 2 octobre 2018
Dreamspinner Press
38.375 mots
128 pages

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eBook (ISBN 978-1-64405-102-3)

Illustration de couverture: Reese Dante
Traductrice: Alexia Reev
Traduction de Volley Balls by Tara Lain

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Extrait

 

— HÉ, PÉDÉ, qu’est-ce que tu regardes ?!

David se figea au milieu d’une bouchée et cligna lentement des yeux devant le géant blond, en maillot de bain à peine plus large que ses incroyables atouts, qui se tenait sur le terrain de volley-ball tel un Goliath en colère. S’il ne voulait pas qu’on reluque son fessier, il fallait mieux le couvrir. Pourtant, David frémit. Il avait oublié à quel point les mots pouvaient blesser.

Il inspira doucement et profondément, puis jeta son sandwich dans la boîte posée à côté de lui sur la marche. Il préférait les insultes aux grands pieds de Phil. Mais ce monstre n’était pas son ex. C’était un abruti de touriste… au corps parfait (soupir), accompagné d’un ami plus canon encore. L’homme de l’autre côté du filet, avec ses épais cheveux noirs et sa peau au bronzage éclatant, lui ferait presque de l’ombre. Presque.

David roula des épaules. Il n’avait rien à craindre. C’était bien pour cette raison qu’il habitait à Laguna. Personne ne lui cherchait des noises. Alors, il fallait informer M. Goliath que sur cette plage, ce n’était pas la tapette qu’on risquait d’arrêter, mais lui.

Goliath restait là, les mains plantées sur ses hanches étroites, à fusiller David du regard. Les deux hommes devaient bien mesurer deux mètres et étaient bâtis comme des chalets d’aisance. En briques solides. De toute évidence, ils comptaient l’emmerder. Un jour, je me soignerai de mon faible pour les mâles dominants, ça m’évitera bien des problèmes.

M. Ducon avança d’un pas et David tressaillit. Le froncement du géant ne fit que s’accentuer.

— Tu m’entends, tafiole ?

L’ami du connard, M. Magnifique, s’approcha du Néandertalien et le saisit par le bras.

— Laisse tomber, Edge. Il ne t’a rien fait.

L’ami avait un accent, comme l’autre bouche à vulgarités, d’ailleurs. Lequel ? Afrique du Sud ? Australie, sûrement. Oui, les homosexuels avaient la vie dure dans ces coins-là. Mais ici, ce n’est pas l’Australie, tocard. Il remballa son sandwich et quitta les marches, où il profitait du soleil et d’un délicieux paysage. Son jean lui allait comme une seconde peau – la première était plus flamboyante encore – et le vert de la chemise en soie rentrée dedans flattait ses yeux. Il rejeta ses cheveux en arrière dans un geste qu’il espérait provocateur. Lorsqu’il leva les yeux, les deux grands gaillards le dévisageaient. M. Goliath semblait remonté. L’autre ? Expression illisible. Sans doute était-il dégoûté.

David se tourna, contracta son fessier parfait et grimpa les marches jusqu’à la promenade, en leur laissant le temps d’apprécier la beauté de chaque demi-lune. Au bout du court escalier, il atteignit l’herbe et flâna en direction de la Pacific Coast Highway, la route qui longeait le côté pacifique, et de la ville au-delà. Son cœur tambourinait comme s’il avait pris des stimulants, mais peut-être que son spectacle avait été convaincant ? Ils ne le regardaient sûrement plus depuis longtemps, mais qu’importe ! Il boostait sa confiance.

« Vlan ! » Un poids heurta son dos. L’espace d’une seconde, il paniqua.

— Oh, mon pauvre bébé.

David poussa un très discret soupir. Un missile de compassion avait failli le renverser.

— Salut, Rodney, répondit-il en cédant à une chaude embrassade qu’il rendit, avant de s’en dégager en douceur.

Rodney Mansfield regarda derrière David en plissant les yeux.

— Désolé, chéri. J’ai vu depuis ma fenêtre que ces idiots t’embêtaient, expliqua-t-il en montrant le café qui occupait une position enviable près de la plage. Je n’ai pas pu arriver à temps. Malheureusement.

David se retint de rire. Ces hommes le dépassaient de quelques centimètres, malgré son mètre quatre-vingt-cinq, et faisaient deux fois la taille de Rodney. Cependant, ce dernier était un véritable terrier, féroce et bruyant lorsqu’il défendait ses amis. De plus, il enseignait le karaté, alors ça ne rigolait pas avec lui. Peut-être qu’il aurait pu faire de sérieux dégâts et, au pire, les assommer de paroles. Rodney s’accrocha à son bras.

— Mais maintenant que tu es là, tu pourrais accepter de venir prendre un verre demain soir au Las Brisas, n’est-ce pas ? suggéra-t-il en battant des cils, ce qui ne promettait pas une simple margarita entre amis.

— Une raison ?

— Disons… que je souhaiterais te présenter quelqu’un. Enfin, Tessa souhaiterait.

— Non, mon chou, oublie ça, soupira David. Depuis Phil, je ne suis plus sortable. Tenir compagnie à quelqu’un pendant un rendez-vous, très peu pour moi. Je suis bien tout seul, ajouta-t-il en rasant l’herbe du pied. Même si le sexe me manque…

— Je t’assure, ce mec est génial, rien à voir avec tu-sais-qui. Il est intelligent, il a une belle carrière et une forte personnalité.

David lui lança un regard d’une infinie tristesse, perfectionné à force d’utilisations. Rodney haussa les épaules.

— D’accord, je sais que « forte personnalité » rime avec baiser mortel, mais il travaille avec Tessa et elle pense que vous iriez parfaitement ensemble.

Sa fameuse amie, Tessa, trouvait aussi le prince Charles sexy.

— D’accord, chou, j’irai le rencontrer. Mais pas sans toi. Demain, c’est le seul soir où je prends congé du spectacle des Maîtres [1], alors, ne le prends pas mal, mais je ne compte pas le passer avec un raté.

— Ne t’inquiète pas. Bisou, bisou. Demain, à sept heures. Et viens plus tôt au spectacle pour le maquillage de ce soir, d’accord ? J’ai entendu dire qu’on faisait salle comble et je veux que tu sois à tomber.

David prit la pose.

— Chéri, je suis toujours sublime, dit-il en reprenant la marche. Côté maquillage, je suis déjà blanc comme marbre, que veux-tu faire de plus ?

Rod le suivit en trottinant.

— Viens un peu plus tôt et ne me complique pas la vie.

— C’est bon, j’irai, lança-t-il, las.

Après avoir traversé la route et remonté brièvement Forest Avenue, il passa la porte de la galerie Underwood. Deux clientes étudiaient attentivement les présentoirs en touchant du bout du doigt les poupées clowns peintes à la main qui leur garantissaient des revenus réguliers entre les grosses ventes d’œuvres d’art. JJ leva les yeux de sa caisse et lui fit signe de la main. Les touristes de la gent féminine entraient souvent, attirées par le visage de ce grand éphèbe, mais dans la vraie vie, JJ était plus gay que gai, et un sacré décorateur d’intérieur en devenir.

David sourit aux clientes et demanda s’il pouvait les aider. Une des deux femmes jeta un regard discret vers JJ, puis attrapa le clown palpé plus tôt.

— En fait, je les trouve très mignons. Je pense qu’ils feraient un cadeau idéal ! C’est si unique ! JJ nous parlait justement de l’artiste, dit-elle en lorgnant à nouveau l’intéressé. J’en prendrai cinq, affirma-t-elle en commençant à charger les bras de David à mesure qu’elle choisissait. C’est combien déjà ?

— Entre deux cent cinquante et trois cents. Mais je vous ferai un prix à deux cent cinquante, puisque vous en prenez plusieurs.

— Oh, merci ! C’est gentil. Pouvez-vous les emballer pour offrir ? Deux ou trois dans un papier pour les fêtes de Noël, et le reste, dans un simple papier cadeau.

David pesa les poupées.

— Vous commencez les achats de fin d’année très en avance.

— Oui, répondit-elle en riant, mais vous savez ce que c’est : un coup, c’est l’été et l’instant d’après, Noël est déjà là !

David fit signe à JJ, qui fixait l’écran de son ordinateur.

— Chéri, tu pourrais m’en prendre quelques-uns et commencer à les emballer ?

— Désolé ! lança JJ, en sursautant. Je regardais de superbes décos d’intérieur…

À deux, il leur fallut vingt minutes pour emballer joliment les petites poupées et raccompagner les clientes, qui avaient le sourire aux lèvres. Adressé surtout à JJ.

David ramassa le courrier qui traînait sur le comptoir.

— Du nouveau, depuis que je me suis absenté ?

Il ne comptait pas lui parler de ces idiots sur la plage. JJ prenait vite peur.

— J’ai vendu d’autres clowns et une femme a adoré la petite œuvre de Roman qu’on vient de mettre en vente. Je parie qu’elle reviendra.

— Ce serait bien, pour nous et pour Rodney.

Roman se trouvait être le nom d’artiste de Rodney, un nom reconnu dans la Californie du Sud. Hélas, il était meilleur artiste qu’entremetteur.

— Et si tu allais déjeuner, maintenant ? Je surveillerai la boutique.

— T’es sûr ? Désolé, je t’ai abandonné avec ces deux acheteuses. J’étais distrait…

— Aucun problème. Va manger.

JJ semblait traîner des pieds, alors David leva les yeux de son courrier.

— Un souci, chéri ?

— Je… bredouilla-t-il en fixant le sol. Je crois avoir vu… Enfin, peut-être que c’était juste quelqu’un qui lui rassemblait…

— Phil ?

— Oui. Si ça se trouve, ce n’était même pas lui.

— C’est bon. Je finirai par le croiser un jour ou l’autre. Il a une maison ici, soufflai-je, tremblant. De toute façon, il sait de quel bois je me chauffe. Je lui collerai les flics au cul. Il est tenu de rester éloigné de moi, tu te rappelles ?

— Je ne voulais pas t’inquiéter. J’ai hésité à t’en parler.

— Tu as fait ce qu’il fallait. Je te vois dans une heure.

JJ lui fit un câlin et s’en alla. David s’effondra alors sur la chaise derrière le comptoir. Il ne voulait pas dire à JJ qu’il aurait préféré ne rien entendre. Savoir Phil dans les parages suffisait à lui donner des sueurs froides. Il essuya les paumes de ses mains sur son jean. Retourne au boulot et laisse ton imagination passer à autre chose.

Il bondit de sa chaise et se mit à organiser et à ranger les objets d’art les plus petits, constamment déplacés par les mécènes intéressés. Son téléphone vibra et il regarda le message. « Tout est arrangé pour demain soir. Tessa dit que tu vas l’adorer ! À dans quelques heures. »

Après avoir servi quatre ou cinq clients enthousiastes, il s’octroya une petite pause. Il adorait l’été. Les festivals d’art, le spectacle et, bien entendu, les magnifiques plages qui attiraient des hordes de touristes. Parfois, les trottoirs étaient si bondés qu’on arrivait à peine à passer sans se faire écraser. Une véritable aubaine.

Tant qu’à faire, je vais arranger la vitrine et m’avancer pour demain. Lorsqu’il s’approcha de l’entrée, un rire rauque retentit à l’extérieur. C’était un peu tôt pour faire la fête. Une voix en particulier s’éleva d’entre les ténors et les barytons.

— Un peu trop rose, cette ville, vous ne trouvez pas ? L’endroit manque de caractère.

David se figea. Il connaissait parfaitement cette voix. L’enfoiré de la plage se tenait devant sa vitrine parmi un groupe de six ou sept hommes, tous costauds et vêtus de différents maillots de bain.

N’entre pas. N’entre pas ! Toutes les cellules de son corps lui disaient de déguerpir dans l’arrière-boutique et de se cacher. Mon Dieu, je déteste ça. Il fut un temps où il n’avait pas peur. Où, bien taillé, il n’était pas complètement sans défense. Mais Phil l’avait vidé de ses forces à coup de raclées. Respire, c’est ta galerie, pensa-t-il. Malgré tout, il ne voulait pas se retrouver piégé ici, face à Goliath.

Les hommes étaient absorbés dans leur conversation et David entendait ce même accent australien, avec des « oui » et des « ’tin » déformés. Le dos d’une des vestes portait l’inscription « Équipe australienne de volley-ball ». Il avait lu quelque part qu’un grand tournoi se déroulait à Huntington Beach. Eh merde, ils auraient mieux fait d’y rester ! Pourquoi venir étaler leur putain de testostérone ici, à Laguna ?!

Mais, bien que mort de trouille, il appréciait la vue. On voyait rarement une belle collection de mâles alphas se rassembler ainsi. Le plus petit d’entre eux le dépassait sûrement de trois bons centimètres, tous avaient de larges épaules et des hanches étroites. Quel dommage.

De grands méchants hétéros. Phil adorait jouer les hétérosexuels toute la journée avec ses potes de Newport Beach, puis venir à Laguna pour pilonner David toute la nuit, dans le lit. Et quand David refusait, cette ordure se faisait un malin plaisir à le pilonner autrement.

Soudain, un des hommes à l’extérieur se tourna et regarda par la vitre. David se tassa, mais trop tard. L’homme aux cheveux noirs qui avait calmé Goliath sur le terrain de volley-ball le fixait droit dans les yeux. Avec son regard clair, son visage était une sculpture en hommage à la perfection masculine, alors que des cheveux brun foncé lui balayaient le front.

Il scruta David un moment, puis afficha un petit sourire. David frémit. Merde. Pouvait-il encore fermer la porte à clé ?

— Allez, les mecs, allons boire une bière, lança l’homme aux cheveux d’ébène. On a encore du temps à tuer.

Il semblait comme interposer son corps élancé entre Goliath et la vitrine, tandis qu’il pressait les hommes vers les restaurants populaires en bas de la rue, en riant et s’égosillant. Les a-t-il détournés exprès ? Sûrement qu’il voulait éviter les tumultes : ce méchant colosse sentait les embrouilles à plein nez. Leurs clameurs se dissipèrent et David respira enfin. Ce soir, il ferait un grand détour pour rejoindre le spectacle. Il n’avait aucune envie de recroiser l’équipe.

GARETH MARSHALL resta à l’arrière de sa bande d’amis pour s’assurer qu’aucune brebis ne s’égare. Quelle était la probabilité de tomber sur l’homme de la plage dans cette galerie ? Ce mec culotté qui avait tapé dans l’œil de Edge. Je ne pensais pas qu’il était aussi peureux, mais il m’avait l’air complètement terrifié, à travers la vitrine. L’idée le dérangeait et l’attristait. Il regarda en arrière, par-dessus son épaule, mais aucune trace de l’homme de la plage.

— Allez, Gar, bouge-toi, lança Edge en l’attrapant par le bras et le tirant vers le groupe. Tu penses quoi de cet endroit ? On dirait qu’ils ont un bar.

Edge indiqua d’un coup de tête un restaurant placé au coin de la rue, le genre où on pouvait s’attendre à trouver Hansel et Gretel.

— Ouais, d’accord. C’est pas loin de l’exposition. On peut y aller à pied. Mais je veux manger, pas seulement picoler.

Edge lui jeta un bras autour du cou en mode guillotine et lui ébouriffa les cheveux.

— Tu veux toujours bouffer, vieux ! Un véritable estomac sur pattes.

Gareth se dégagea de sa prise. Il adorait ce gars, mais bon sang, qu’il était tactile ! Ça lui retournait même l’estomac. À l’intérieur, les gens les fixèrent du regard. Difficile de passer inaperçu lorsque l’équipe au complet ressemblait à une montagne ambulante. L’hôtesse se hâta vers eux, un peu trop souriante, mais gentille. Il leur suffit de quelques minutes pour préparer une table pour huit.

Le serveur était un homme grand aux cheveux longs et au regard souligné à l’eye-liner, qui disait s’appeler Derek et être à leur service. Edge râla, mais cela ne l’empêcha pas, ni lui ni les autres, de commander des pichets de bière et une tonne de nourriture. En effet, une fois le menu passé en revue, ils demandèrent un plat de chaque. Lorsque Derek s’éclipsa, Edge leur dit :

— Bon sang, cette ville, elle grouille de pédés. Qu’on se casse au plus vite !

Gareth maîtrisa son soupir.

— Tu sais bien qu’on doit rester. L’équipe a été invitée à un spectacle de je-ne-sais-quoi, ils nous gardent même des places privilégiées. Apparemment, ils font salle comble chaque soir, on ne peut pas se défiler et laisser des chaises vides. Le coach serait furax.

Enfin, en vérité, cela ne l’enchantait pas non plus. Il aimait l’art. Mais le théâtre ? Pas tellement. Et puis, il se sentait nerveux. Sûrement à cause de cette confrontation à la plage…

— Ouais, ouais, je sais, lança Edge en appuyant son corps imposant contre la chaise. Je ne faisais que constater les choses.

Derek revint avec leurs plats, en compagnie d’un autre serveur, plus hétéro celui-ci. Lui, au moins, ne récolta pas le regard mauvais de Edge. Pendant que les autres se jetaient sur leur viande, Gareth savoura son espadon. Délicieux. Bien sûr, avec du beurre aillé, tout semblait délicieux.

Oscar Pedersen, un grand attaquant de l’une de leurs équipes en duo, enlevait soigneusement le gras de son aloyau, couteau et fourchette à la main. Edge eut un rictus.

— Tu fais attention à ta taille de guêpe, Oscy ? Allez, vieux, mange comme un bonhomme, se moqua-t-il en regardant ses équipiers. Faut le sortir de cette ville, et vite. Elle déteint déjà sur lui !

Gareth jeta sa serviette sur la table.

— Putain, Edge, tu peux pas la fermer deux minutes ? lâcha-t-il en reculant sa chaise. Je vais aux toilettes.

Tandis qu’il s’éloignait, la voix de Edge le suivit.

— Il a un balai dans le fion ou quoi ?

Il mourait d’envie de retourner à table et de lui annoncer que des études récentes prouvaient que les plus grands homophobes étaient souvent homosexuels, mais ils avaient un match à disputer le lendemain et la paix importait davantage. Cela dit, Edge n’essayait jamais de le contenter, lui.

À son retour, tout le monde fit mine d’avoir oublié. Oui, ce n’était pas en ignorant Edge qu’ils l’aideraient à changer de comportement. Pourtant, il l’aimait bien ce gars-là. Ils étaient meilleurs amis depuis des années, à l’école, grâce au sport et parfois au détriment de Gareth. À son grand détriment.

 

[1] Pageant of the Masters, en anglais, est un festival artistique très connu à Laguna qui vise à promouvoir des activités liées à l’art et notamment un spectacle où des œuvres d’art prennent vie grâce aux acteurs.

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